Beethoven en colère pour un sou perdu en fait un caprice

David Kadouch, révélation soliste instrumental aux victoires de la musique en 2010, joue, à Radio France, le Rondo Capriccio op.129 composé par Ludwig van Beethoven vers 1795 et complété par Anton Diabelli en 1828 pour une édition posthume.
En sus du plaisir musical dû à ce cher Ludwig van, comme on dit dans Orange mécanique de Stanley Kubrick, et à son talentueux interprète, ce qui m’a intrigué est le titre complet du rondo de Beethoven :  « Wuth über den verlornen Groschen ausgetobt in einer Kaprize » (Colère à cause du sou perdu déchargée dans un Caprice). C’est ainsi que l’œuvre a été popularisée et on peut imaginer que cela soit tiré de quelque vécu. Un sou est un sou surtout quand on est sans,  ce qui fut un temps le cas du célèbre compositeur. Le titre n’est pas de Beethoven. Peu importe. On peut se raconter une histoire. Celle que j’imagine conduit à ce qui manque à notre époque propice aux colères, à savoir le déchargement de la pulsion de colère dans un Caprice. Léger est-il précisé,  Autrement dit sa transformation en un acte créatif, dans une forme – celle du capriccio – libre et enjouée, quasiment son contraire. Le Rondo Capriccio passe pour une expression de l’humour de Beethoven voire du rire en musique.
Transformer une énergie pulsionnelle en énergie créatrice n’est évidemment pas simple. On peut en voir une preuve dans le fait que Beethoven ait laissé son œuvre inachevée. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas tenter de le faire. Je m’y essaye.
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