Kza Han :
Tous les horizons ont des ailes / Alle Horizonte haben Flügel
an Alexander Kluge

Sous quel astre ?

Échappant
à la congestion du temps
un transmigrant
en perpétuel transit
se transmue
en machaon, morio, vulcain ;
en évent étincelant
battant des ailes
sur ses fines écailles
capte le rayon vert
en perpétuel transit
un transmigrant.

Unter welchem Gestirn ?

Der Zeitstauung
entrinnend
im fortwährenden Transit
ein Transwanderer
verwandelt sich
in papilio machaon, vanessa antiopa, vanessa atalanta ;
im funkelnden Vorfall
flügelschlagend
auf seinen feinen Schuppen
fängt den grünen Strahl auf
ein Transwanderer
im fortwährenden Transit.

Kza Han

Angles de site

De toute sa force
résistant à l’air vicié,
gingko, arbre du ciel
vêtu d’or.
De son noyau
lâchant une amande,
feuille en éventail
séparée de soi-même,
en quête de son double,
gingko, arbre du ciel
vêtu d’or.
Dans la foule
frappant le gong, faisant la quête,
un moine errant
en position de zazen
sur sa natte
illuminée par
le soleil couchant.
Forçant la divination
par la terre
par la poussière
par les cailloux,
à l’encontre du vent
à l’encontre de l’eau,
cette incommensurable église
face au Mont Vert.
Autour du 38e parallèle,
dans les chars abandonnés
depuis un demi-siècle,
fôlatrent des animaux rares
parmi des plantes rares
en l’absence des hommes.
Or une Coréenne d’Amérique
de retour au pays natal
sur le dos de la Grue Bleue
se met en tête
par le ciel
de déjouer le 38e parallèle,
au son âpre du komùngo
éraflant de ses six cordes
les frontières invisibles.

Höhenwinkel

Mit aller Macht
gegen die verdorbene Luft
sich wehrend,
Ginkgo, Himmelsbaum
in Gold gehüllt.
Aus seinem Kern
eine Mandel entlassend,
Fächerblatt
in sich selbst getrennt,
seine Zwiefalt suchend,
Ginkgo, Himmelsbaum
in Gold gehüllt.
In der Menschenmenge
den Gong schlagend,
Almosen sammelnd,
ein Wandermönch
in Zazenstellung>
auf seiner Strohmatte
durch den Sonnenuntergang
beleuchtet.
In die Wahrsagung eindringend
durch Erde
durch Staub
durch Steine
gegen Windgang
gegen Wassergang
diese inkommensurable Kirche
angesichts des Grünbergs.
Um den 38. Breitengrad
seit einem Halbjahrhundert
in den verlassenen Panzern
tummeln sich seltene Tiere
zwischen seltenen Pflanzen
in Abwesenheit der Menschen.
Nach der Heimkunft aber
setzt eine Koreanerin aus Amerika
auf dem Rücken des Blaukranichs
sich in den Kopf
durch Himmelflug
den 38. Breitengrad zu durchkreuzen
bei rohem Klang des Kòmungo
mit sechs Saiten
die unsichtbaren Grenzen
schrammend.

 Kza Han

Ekkehart Rautenstrauch est né en 1941, à Zwickau. Il fait ses études à la Kunsthochschule de Stuttgart. Il s’installe en France en 1968. Professeur à l’école des Beaux-Arts de Nantes entre 1972 et 1982, il enseigna jusqu’en 2006 à l’école d’Architecture de Nantes. En 1974, il explora LE TEMPS D’UNE JOURNÉE les possibilités du Landart. En 1976, il réalisa au Musée des Beaux-Arts de Nantes FOTOBAND, bande visuelle de 77 m de long, traduite en musique acoustique par Jean Schwarz… En janvier 2005, il fait voir « BALLADE à MELENCOLIA » à Rennes. Durant l’été 2007 fut présentée au 3D Center of Art and Photography de Portland la série cyclique d’images KUNSTFABRIK. En avril 2010, à la galerie nantaise Le Rayon Vert, Pixel/Pinsel, avec Jean-Luc Giraud, exalte la geste picturale des 3D, avec In lieblicher Bläue / En bleu suave et Chiron de Friedrich Hölderlin, et Six comètes, poèmes de Kza Han qu’il représente par anaglyphes. La dernière exposition qu’il mit en œuvre dans son pays natal, à la galerie Albstadt d’Ebingen, de novembre 2011 à février 2012, célébra sur papier « ZeichenRaumKlang », « Signe Espace Son », avec une salle consacrée aux Variations Goldberg de J.S. Bach, 32 peintures du thème avec ses variations. Ekkehart Rautenstrauch est décédé en janvier 2012.
En écho à ce que j’avais fait sur la Heimatla poétesse Kza Han dont j’avais déjà publié un texte m’a envoyé le poème  Sous quel astre ? Qu’elle a augmenté d’un autre texte en relation avec la situation du pays où elle est née, la Corée. Je l’en remercie.
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