Abi Warburg et le serpent dans les archives de la mémoire

Visite à l’exposition Abi Warburg / Atlas Mnemosyne au ZKM de Karlsruhe en suivant la piste du serpent jusqu’à son rapport au travail vu par Bernard Stiegler via Nietzsche.

serpent

Le dessin de cette gravure, conservé au British Museum, est attribué à Andrea Mantegna, un graveur italien du 15ème siècle. Le thème, interprété d’abord comme Hercule et l’hydre, d’après l’inscription DIVO HERCVLI INVIC/TO (« divin et invincible Hercule »), a été ensuite identifié comme un faune attaquant un serpent. En allemand, on dit que le faune étrangle le serpent. Quoi qu’il en soit, cela se pose en termes de lutte. De combat. Contre la folie, comme le suggère le texte de Abi Warburg qui est associé à l’image et  traduit sur le post-it. Ce qui est étonnant dans l’image, c’est que le bras autour duquel s’enroule le serpent n’est pas loin de former le bâton d’Esculape – en grec Asclépios -, le dieu de la médecine. Mais gardons cela pour la fin. La figure a des oreilles de faune et elle porte une cape, non pas une peau de lion. L’inscription serait non une référence à Héraclès mais une dédicace à Hercule 1er d’Este, duc de Ferrare de 1471 à 1505. C’est ce que nous apprend l’inventaire des premières gravures italiennes de Gisèle Lambert publié sous l’égide de la BNF.
Le double page reproduite ci-dessus ouvre le livret de présentation de l’exposition ABI WARBURG MNEMOSYNE BILDERATLAS que je suis allé voir au ZKM de Karlsruhe. Elle porte en sous-titre : Reconstitution – Commentaire – Actualisation. Elle place ainsi d’emblée l’exposition sous le signe du serpent même si elle ne suit pas particulièrement ce fil mais permet de le faire. C’est ce que j’entreprends ici sans le sytématiser, il faudrait un temps fou à lire tous les fascicules explicatifs. Ne resterait que l’acquisition mais au prix où ils sont… 100 euros. Ils ne sont d’ailleurs imprimés que sur commande. Se cultiver a un coût !
Pour marquer le 150e anniversaire de la naissance  d’Aby Warburg (1866-1929), le ZKM, Zentrum für Kunst und Medientechnologie Karlsruhe (Centre d’art et de technologie des médias de Karlsruhe) présente une reconstitution complète de son atlas d’image Mnémosyne au format original.

mnemosyne

De 1924 à 1929, Abi Warburg a consacré toute son énergie à constituer une collection d’images, – un millier – rassemblés en 61 panneaux destinés à former une anthropologie culturelle par l’image, une Kulturwissenschaft (science de la culture). Par image, il faut entendre aussi bien des originaux, des photographies, des illustrations de livres, de journaux jusqu’à des timbres-poste ou des prospectus. Il s’est servi des techniques de reproduction de son époque, notamment l’appareil photographique pour développer un outil de connaissance. Les images, on le devine, ne sont pas rassemblées n’importe comment. Ce n’est pas le bazar. Elles sont soigneusement indexées et concentrées en constellations complexes pour constituer un « réservoir de mémoire ». Il utilise l’expression Gedächtniskonserve, une conserve de mémoire.
L’atlas composé par Warburg, resté inachevé, porte le nom de Mnémosyne, déesse grecque de la mémoire. Ce nom est associé à celui d’Atlas, considéré comme l’ancêtre des astronomes et géographes. Conjointement, le terme « atlas » est l’une des formes illustratives de la connaissance, que ce soit la collection de cartes géographiques pour constituer un ouvrage cartographique achevé ou une constellation d’images qui relie de manière systématique et critique des indications et des territoires totalement différents. J’emprunte cela au dossier de presse de l’exposition.

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L’organisation des cheminements à l’intérieur des images n’est pas arbitraire. Il est même assez complexe à l’exemple de ces voies d’échanges culturels entre le sud et le nord, l’est et l’ouest représentées sur cette carte. Sur ces routes circulent des porteurs (véhicules) d’images. L’exposition nous les faits suivre. Sur un socle de représentations cosmologiques qui traversent les siècles, s’étagent celles de l’Empreinte antique originelle, puis celles du Retour de l’antiquité en Italie, puis le Nord et Florence/ Botticelli, viennent ensuite les « étages » Antiquité en Italie et Florence/Ghirlandaio, puis Mantegna Manet Dürer, Fêtes, enfin Baroque, Epoque Rembrandt, Epoque contemporaine.
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Un millier d’images sur 63 panneaux de 170×140

Warburg avait fait photographier l’atlas et il a pu être publié dans un « format réduit » il y a une vingtaine d’années. Mais il resta largement inexploité parce que l’activation de la mémoire repose sur une condition incontournable : la visibilité de tous les détails. Seule la reconstitution au format original de 170 x 140 cm permet d’étudier les images  en montrant les différentes constellations de chaque planche. Cette reconstitution a été réalisée sur la base des données de Daedalus (Vienne) par le groupe de recherche MNEMOSYNE au 8. Salon à Hambourg (Roberto Ohrt, Christian Rothmaler, Philipp Schwalb, Axel Heil entre autres). Ce groupe a commencé en 2011 à recréer planche après planche au format original et à étudier une à une en détail les 63 planches. En 2016, il a pu proposer un commentaire complet de l’atlas, qui décode pour la première fois chacune des planches.
Outre la reconstitution de ces 63 planches de l’atlas au format original, l’exposition du ZKM présente, pour la première fois depuis 1929, deux planches (la planche 32 sur le thème du « carnaval » et la planche 48 sur la « Fortune ») avec les images utilisées à l’époque par Warburg. Ces « objets originaux » ont été découverts dans la « collection photographique » de l’Institut Warburg à Londres ( en 1933, la bibliothèque, la photothèque et les archives ont été transportées à Londres où elles se trouvent toujours). Jusqu’à présent, les chercheurs avaient supposé que les illustrations originales de l’atlas avaient disparu. (Nouvel emprunt au dossier de presse).
Planche 48 : Fortuna avec les originaux

Planche 48  avec les originaux sur le thème de « Fortuna »

Depuis 2011, le groupe de recherche MNEMOSYNE (Hambourg, Karlsruhe, Saint-Gall) au 8. Salon à Hambourg s’attache à reconstituer l’atlas Mnémosyne. Il a analysé en détail l’atlas par séquences de quatre à six planches, puis les a expliquées dans le cadre de manifestations publiques. En plus de ces événements, 13 numéros de la collection de fascicules Baustelle, dans lesquels figuraient les résultats de cette recherche, ont été publiés. Ils sont disponibles dans l’exposition et il faut s’y reporter. Aucune précision – ni titre ni note d’interprétation – n’est en effet fournie sur les panneaux eux-mêmes.
Avant d’entrer dans l’exposition et de s’arrêter un bon moment au panneau 41a que je prendrai à titre d’exemple mais aussi en raison de sa place centrale autour de la figure de Laocoon, un dernier mot encore sur la démarche d’Abi Warburg dont il est dit qu’il élabora une « iconologie des intervalles » (Ikonologie des Zwischenraums) et sur ces deux concepts de Zwischeraum et de Denkraum.
Georges Didi-Huberman, qui avait déjà présenté en 2010 une exposition consacrée à l’Atlas, à Karlsruhe et Hambourg, qualifie la forme nouvelle inventée par Warburg de montage. Il permet de révéler des correspondances inattendues et qui traversent le temps. Il sera question plus loin de son actualité.
« Le montage – du moins au sens qui nous intéresse ici – n’est pas la création factice d’une continuité temporelle à partir de  » plans  » discontinus agencés en séquences. C’est au contraire, une façon de déplier visuellement les discontinuités du temps à l’œuvre dans toute séquence de l’histoire ».
Georges Didi-Huberman : L’image survivante – Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg Les Editions de Minuit, 2002, p. 474.  Cité par Delphine CHAIX in « De l’atlas Mnemosyne à Lignes de temps / Images – Pratiques – Imagination » page 29

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Zwischenraum, Denkraum. On ne souligne pas assez, me semble-t-il, que l’Atlas est adossé à la bibliothèque qui porte elle aussi le nom de Mnémosyne. Les livres y sont rangés selon  un classement iconoclaste avec la même fonction de créer des correspondances inattendues, des Zwischenräume. Le terme me fait penser à ce que j’ai pu dire à propos du Transitraum, la bibliothèque de Heiner Müller. L’espace de transit de la bibliothèque devient un espace transitionnel, c’est à dire de créativité. Espace imaginaire nécessaire à la création d’ un espace de pensée (Denkraum), pensée qui est recherche d’orientation dans cet espace par une mise à distance entre le sujet et l’objet alors que la magie « est par essence une pratique cosmologique systématique visant à détruire l’espace de pensée ».
Ce qui a été dit du montage caractérise chaque panneau. Ci-dessous le panneau 37 (presque) centré sur le faune au serpent.

panneau-37

L’image du faune étranglant le serpent dont il est question au début de cette chronique se trouve sur le panneau 37 qui traite de l’irruption de l’antiquité en sculpture. On la trouve en compagnie d’autres scènes de violence ou de fureur telles Hercule et l’hydre, Hercule et Antée, les Ménades, scènes d’enlèvement de flagellation, de viol, une collection d’histoires horribles pour adultes. Le commentaire évoque, à propos de la figure du faune, la « torsion ligotante » du serpent «  qui « monte de la terre comme un motif d’Asclépios (Esculape) devenu sauvage » dans une atmosphère flottante évoquant un orage menaçant rempli d’éclairs. Nous approchons du pharmakon.
Le panneau 6 dont j’ai raté la photographie mais que l’on trouve aussi ici en reproduction de l’original, contient une première référence à Laoccon avec, au milieu, la sculpture dite du groupe de Laocoon entourée de deux autres figures de Laocoon, au-dessus, celle issue d’une fresque de Pompéi et, en-dessous, celle extraite d’un manuscrit de Virgile.

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On regarde le Groupe du Laocoon de plus près grâce aux techniques contemporaines permettant de voir les détails. J’observe qu’Abi Warburg utilise une reproduction avec les bras reconstitués.

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L’histoire de Laocoon est un conte cruel. Voici comment Virgile le raconte :
« Ici, un autre prodige, plus grave, et beaucoup plus effrayant se présente aux malheureux et trouble leurs cœurs déconcertés. Laocoon, désigné par le sort comme prêtre de Neptune, immolait selon les rites un énorme taureau sur les autels. Or voici que de Ténédos [L’île où les Grecs s’étaient repliés], sur des flots paisibles, deux serpents aux orbes immenses, – ce récit me fait frémir –, glissent sur la mer et, côte à côte, gagnent le rivage. Poitrines dressées sur les flots, avec leurs crêtes rouge sang, ils dominent les ondes ; leur partie postérieure épouse les vagues et fait onduler en spirales leurs échines démesurées. L’étendue salée écume et résonne ; déjà ils touchaient la terre ferme, leurs yeux brillants étaient injectés de sang et de feu et ils léchaient leurs gueules sifflantes d’une langue tremblante. À cette vue, nous fuyons, livides. Eux, d’une allure assurée, foncent sur Laocoon. D’abord, ce sont les deux corps de ses jeunes fils qu’étreignent les deux serpents, les enlaçant, les mordant et se repaissant de leurs pauvres membres. Laocoon alors, arme en main, se porte à leur secours. Aussitôt, les serpents déjà le saisissent et le serrent dans leurs énormes anneaux. Par deux fois, ils ont entouré sa taille, ont enroulé autour de son cou leurs échines écailleuses, le dominant de la tête, la nuque dressée. Aussitôt de ses mains, le prêtre tente de défaire leurs nœuds, ses bandelettes sont souillées de bave et de noir venin. En même temps il fait monter vers le ciel des cris horrifiés : on dirait le mugissement d’un taureau blessé fuyant l’autel et secouant la hache mal enfoncée dans sa nuque. Mais les deux dragons s’enfuient en glissant vers les temples, sur la hauteur, gagnent la citadelle de la cruelle Tritonienne [Pallas Athéna], et  s’abritent aux pieds de la déesse, sous l’orbe de son bouclier. »
Virgile : Eneide Livre II 200
Laocoon est une figure centrale et nous la retrouvons au panneau 41a que voici et qui lui est entièrement consacré.
panneau-41a
La sculpture elle-même ne s’y trouve pas  (si ce n’est une copie miniature), mais de multiples répliques, au sens sismique du terme depuis une enluminure du 12ème siècle :

41a1

Jusqu’à El Greco et même au-delà

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Sur des supports variés  :
– Miniature de bronze
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Copie du Groupe de Laocoon 16ème siècle

– Plat
Mort de Laokoon. Plat de Gubbio, vers 1540

Mort de Laokoon. Plat de Gubbio, vers 1540

– Rondache (bouclier)
Laocoon et ses fils. Rondache de parement. Deconde moitié du 16ème siècle

Laocoon et ses fils. Rondache de parement. Seconde moitié du 16ème siècle

– Fresque
La mort de Laocoon. Fresque de Giulio Romano. vers 1538

La mort de Laocoon. Fresque de Giulio Romano. vers 1538

En tout, 22 photographies sont rassemblées sur le thème du pathos de la douleur et de la mort du prêtre.
Le plus étonnant peut être de ce panneau est la présence de cette reproduction et la mise en relation de Laocoon avec le « patriarche » Adam dans cette fresque de Fillipio Lippi dans l’église Santa Maria Novella de Florence.
Le patriarche Adam. fresque de Filippino Lippi. vers 1494-95

Le patriarche Adam. Fresque de Filippino Lippi.
vers 1494-95

La voici en couleur :

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Adam qui a priori n’est pas un patriarche au sens de la bible regarde un serpent monter le long d’un arbre qui se termine par deux branches alors qu’un autre semble glisser sur l’enfant terrorisé. Le reptile est surmonté d’une tête de femme. Eve ? On notera aussi la présence du bâton. (Source de l’image)
Laocoon symbolise la douleur enchaînée.
Laocoon symbole de la douleur. In Cesare Ripa "Iconologia" (1603)

Laocoon symbole de la douleur. In Cesare Ripa « Iconologia » (1603)

L’histoire culturelle telle qu’elle est esquissée par Abi Warburg est aussi celle de la violence, de la folie  :
« La transformation stylistique vers une conscience de l’ambivalence- Zwiespältigkeit– dans l’interprétation de l’âme est impensable sans l’enseignement grec sur la folie. Ma recherche concerne (depuis de nombreuses années) la folie furieuse (furiose mania) tandis que Saxl-Panofsky [deux historiens d’art ayant collaboré à la bibliothèque Warburg] travaillent sur la géniale mélancolie. » Abi Warburg 1.11.1928
La Zwiespältigkeit (Zwie, zwei = 2 ; spalten = fendre, dédoubler) est dans ce contexte le plus souvent rendu par ambivalence et désigne la présence simultanée de deux sentiments opposés, contradictoires.

Le rituel du serpent

Abi Warburg, né en 1866 à Hambourg, renonce pour ses études aux traditions juives dont il est issu. En 1895-1896, au cours d’un voyage aux Etats Unis, il se rend dans l’Arizona auprès des Indiens Hopis dont il étudie les danses et rituels. Cet épisode refera surface un quart de siècle et une guerre mondiale  plus tard, en 1923, au terme d’un séjour en clinique psychiatrique. Pour attester de sa guérison, il fait une conférence sur le Rituel du serpent chez les Indiens Hopis. Elle est résumée ici :
« C’est au cœur de l’été, en août, quand la culture du maïs est menacée par la sécheresse et dépend des pluies d’orage que les Hopis, lors de « festivités paysannes », pratiquent la danse des serpents. Le serpent, en effet, est comme l’éclair, zigzaguant, il est l’éclair, et manipuler l’animal dangereux est une manière de maîtriser les forces naturelles dont dépend l’existence même de ces Indiens agriculteurs et sédentaires. En obligeant le serpent à participer à la cérémonie, sans le sacrifier, en surmontant la peur qu’il inspire, on influe sur le cours de la nature, dans un étrange, instable et pourtant efficace mélange de magie rituelle et de finalité pratique. Entre la main, et la pensée, entre le geste et l’intellect, il y a place pour le symbole qui permet de surmonter la terreur que suscitent les phénomènes naturels incompréhensibles et les périls de l’immédiat environnement. Les Hopis – c’est-à-dire, dans leur langue, « les Pacifiques » – se placent ainsi à mi-chemin entre les sacrifices sanglants pratiqués par d’autres ethnies nomades, pour la même fin, et la « sérénité » que procurent les religions du salut.
[…]
Le serpent, pour les Hopis, est à la fois un danger et un remède, un démon et messager, un intercesseur… Mais cette ambivalence, comme le montre Warburg dans la seconde partie capitale de sa conférence, se retrouve dans l’image du serpent dans la culture grecque : si un serpent monstrueux étouffe Laocoon et ses fils lors de la guerre de Troie, c’est un serpent salvateur qui s’enroule autour du bâton d’Asclépios, le dieu de la guérison, l’Esculape des Romains. La même ambivalence se retrouve dans la religion chrétienne avec le serpent tentateur et le serpent de Moïse. Il existerait ainsi un « paganisme éternel », indestructible, mais ambivalent, dont les images permettent à l’homme de faire face aux angoisses et aux interrogations qui viennent le hanter… »
Jean Lacoste  Le rituel du serpent : Art et anthropologie d’Aby Warburg 
Le serpent est double, il est à la fois remède et poison c’est à dire pharmacologique comme l’explique Bernard Stiegler en introduction de la partie 6 de son séminaire consacré à transvaluer de Nietzsche. Le christianisme a refoulé le caractère pharmacologique du serpent. Stiegler dit ici ce qu’il doit à la lecture d’Abi Warbourg et nous emmène à partir de là vers la question du travail selon Nietzsche.
Je vous invite à l’écouter – et à voir – cet extrait que j’avais déjà évoqué dans mon commentaire du Rhin de Hölderlin où il est également question de serpents dans une tout autre spatialisation.
Ceux qui veulent aller au-delà retrouveront l’ensemble de la Piste aux étoiles consacrée à transvaluer Nietzsche ici : Bernard Stiegler : Séminaire Pharmakon Transvaluer Nietzsche séance 6
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J’invite les anglophones à regarder Aby Warburg: Archive of Memory, une vidéo présente dans l’exposition.
ARCHIVE OF MEMORY is a visual essay inspired by the work of Aby Warburg, particularly his essay « Notes on a Journey to the Pueblo Indians ». Interviews with philosopher Raymond Klibansky (who worked with Warburg in Hamburg in the 1920s) and art historian Margaret Iversen, complement a wide- ranging selection of still and moving images that create a vivid portrait of a legendary art historian who has become a cultural icon.

Aby Warburg: Archive of Memory (26 minutes, 2003) from Eric Breitbart on Vimeo.

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