Adorno, Wotan et la fin

 „

Wer nichts vor sich sieht und wer die Veränderung der gesellschaftlichen Basis nicht will, dem bleibt eigentlich gar nichts anderes übrig, als wie der Richard-Wagnersche Wotan zu sagen: Weisst Du, was Wotan will? Das Ende —, der will aus seiner eigenen sozialen Situation heraus den Untergang, nur eben dann nicht den Untergang der eigenen Gruppe, sondern wenn möglich den Untergang des Ganzen.

Theodor W. Adorno : Aspekte des neuen Rechtsradikalismus. Suhrkamp 2019 p 10

« 

Qui ne voit devant lui poindre aucun à-venir et qui ne veut pas transformer les bases sociales de la société, à celui-ci il ne reste en fin de compte plus rien d’autre qu’à dire comme le Wotan de Wagner : Sais-tu ce que veut Wotan ? La fin -, il veut à partir de sa situation sociale propre sa chute, pas seulement la fin de son propre groupe mais si possible le naufrage général de tous.

»

Theodor W. Adorno : Aspects du nouveau radicalisme de droite. Inédit en français. (Extrait traduit par mes soins).

Le texte d’Adorno Aspekte des neuen Rechtsradikalismus, est une conférence qu’il a prononcée devant les étudiants socialistes à Vienne, en Autriche, le 6 avril 1967, dans le contexte d’une montée en Allemagne du parti néo-nazi NPD. Il n’en existait jusqu’à présent dans les archives qu’une bande son. Cette dernière retranscrite vient de paraître aux éditions Suhrkamp à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’auteur.

Ecoutons ce que dit Wotan et regardons la façon dont Patrice Chéreau l’a interprété.

Richard Wagner : Ring des Nibelungen – Premier jour: La Walkyrie, Acte 2 (1965). Direction : Pierre Boulez. Mise en scène de Patrice Chéreau, avec Donald McIntyre (Wotan), Gwyneth Jones (Brünhilde).

WOTAN :

„ Ich berührte Alberichs Ring, —
gierig hielt ich das Gold !
Der Fluch, den ich floh,
nicht flieht er nun mich : —
Was ich liebe, muss ich verlassen,
morden, wen je ich minne,
trügend verraten,
wer mir traut !
Fahre denn hin,
herrische Pracht,
göttlichen Prunkes
prahlende Schmach !
<b>Zusammen breche,
was ich gebaut !
Auf geb ich mein
Werk :
nur Eines will ich noch :
das Ende —
das Ende ! —“

« J’ai touché l’anneau d’Alberich,
avide, j’ai eu l’or en mains !
J’ai fui la malédiction,
mais elle ne me fuit pas :
je dois abandonner ce que j’aime,
assassiner celui que j’adore,
tromper et trahir
qui a foi en moi
Que disparaissent
gloire et splendeur,
la honte éclatante
du faste divin !
<b>Que s’effondre ce que j’ai bâti!
J’abandonne mon œuvre ;
je ne veux plus qu’une chose :
la fin,
la fin ! – »

Traduction : Françoise Ferlan in Guide des opéras de Wagner.  Fayard

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