Le Saint Caleçon de Karl Marx

La ville Trèves en Rhénanie-Palatinat a deux célébrités mondiales : Karl Marx qui y est né mais qui n’y est pas très honoré, et la « Sainte Tunique du Christ » conservée dans la Cathédrale. Elle n’est exposée que lors des Pèlerinages, soit trois fois au siècle dernier : en 1933, 1959 et 1996. Elle le sera une nouvelle fois cette année entre le 13 avril et le 13 mai.

En 1996, l’artiste Helmut Schwickerath eut l’idée de doter la ville d’une seconde « relique » : le caleçon long de Karl Marx, un caleçon « long-john » de couleur orange, sous verre surmontant un autel. Tout comme la tunique le sera dans la cathédrale, le « saint caleçon »sera à nouveau exposé cette année non loin de la maison natale de Karl Marx. L’autel sera pour l’occasion complété par les deux autres éléments du triptyque, l’un figurant la domestique de Karl Marx, Hélène Demuth, et l’autre- ce que je ne trouve beaucoup moins drôle – la nouvelle égérie de la gauche allemande, die Linke, Sarah Wagenknecht. Le cauchemar de Marx est qu’il put y avoir des marxistes.

L’histoire de la Tunique du Christ est un tissu de légendes et de témoignages. Sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, résidant à Trèves au 4ème siècle, l’aurait trouvée lors de son pèlerinage à Jérusalem et offerte à l’Église de Trèves.

Helmut Schwickerath a pour la « relique » de Marx inventé lui aussi une légende : Hélène Demuth aurait ramené le caleçon de Marx en Allemagne pour le repriser. Il tomba entre les mains de son beau-frère et disparut. Un chercheur l’a retrouvé dans les affaires du dernier descendant de la famille d’Hélène Demuth, à la fin du 20ème siècle.

Le Pèlerinage de 2012 est motivé par une date historique : 1512. Cette année-là, l’empereur Maximilien 1er s’était rendu à Trèves pour une Diète d’Empire. Sur son insistance, la Tunique avait été sortie du maître-autel de la Cathédrale. Lorsque les habitants apprirent cela, ils voulurent également la voir et, par un mouvement populaire, ils obtinrent ainsi la première présentation publique.

Nous, promis, nous n’irons pas en pèlerinage.

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