#Chronique berlinoise (8) : ORPHELINE D’ÉTREINTE

 

ORPHELINE D’ÉTREINTE

Le poète monte sur un talus herbeux
Non par hasard
Il y grimpait jadis pour contempler l’autre côté
Dans un mélange de consternation et de voyeurisme
Il observait les bribes de vie au-delà du mur
Baisers volés sans consentement
Il s’indignait de ne pouvoir adresser la parole sinon par héler
Horizon divisé
Ciel partagé
On lui vantait le bon côté du miroir
Télévisions journaux bon sens et mots de comptoir
Contemplation de soi même
Narcisses éperdus
Il aimerait savoir si son double de l’époque
Celui d’outre-mur
Rit encore de lui
Sarcasmes perdus
Une amertume définitive parcourt son sourire
Conscient de n’avoir franchi aucun secret depuis vingt-cinq ans
Il n’a juste plus aucun reflet désormais
Pour tenter une vague saisie de soi
Laurent Maindon
Le texte ci-dessus qui rappelle le Berlin divisé à l’époque du mur et son absence aujourd’hui fait partie d’un extrait de Chroniques berlinoises de Laurent Maindon paru dans La Revue des ressources et publié ici dans le cadre de la dissémination des écritures de la web-association des auteurs (mars 2016).
Les Chroniques berlinoises (à paraître intégralement en juin) sont une suite de 120 poèmes retraçant des impressions de séjour multiples à Berlin entre 1985 et 2015. Laurent Maindon, par ailleurs directeur artistique du Théâtre du Rictus à Nantes, est un habitué de Berlin. Ce recueil s’inscrit dans ses recherches poétiques et est le 3ème que publieront les éditions du Zaporogue.
La Revue des Ressources que je vous invite à découvrir est une revue électronique culturelle de littérature, d’art et d’idées fondée en 1998.

Pour retrouver l’ensemble des chroniques berlinoises, cliquez ici.

Print Friendly, PDF & Email
Ce contenu a été publié dans Littérature, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *