Alexander Kluge : quand un pilote de chasse fait dans sa culotte

Mes remerciements à Alexander Kluge et Vincent Pauval

Une histoire formidablement racontée dans une concision remarquable et évocatrice. J’ai bien noté les guillemets au verbe penser et l’allitération dentale poétique (Der Darm denkt) qui semble justifier le titre. Il me reste cependant des réticences à cette idée que les intestins « pensent » – on finit par oublier les guillemets – même si je comprends ce qu’A.Kluge veut dire par là. Sa thèse favorite est qu’un intestin soit plus malin (klüger) qu’une tête. Ainsi affirme-t-il que nous les humains sommes de très anciennes formes de vie, les billiards de cellules que vous et moi portons en nous existent depuis des temps immémoriaux. Elles sont intrinsèquement rebelles. Elles n’obéissent pas (Source). Certes il s’est passé quelque chose d’unheimlich, un coup d’arrêt dans le bombardement d’un mariage civil. Mais, sans nier le rôle des intestins qui ont pu être assimilés à un second cerveau, une réaction du corps somatique fut-elle de révolte, un affect, qui créent de l’imprévisible, du non-intentionnel, dans une activité calculée alors que le cerveau prolétarisé, déconnecté de la conscience, du pilote de chasse fait défaut, peut-on appeler cela « penser » ?  Nos tripes sont-elles outillées pour cela ?

Reste un beau récit édifiant transformé en un petit opéra grâce à l’utilisation de la Marche du décervelage extrait de la Musique pour les soupers du roi Ubu de Bernd Alois Zimmermann

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